« A recognised institution » ? Trois générations de commerçants indiens sur Grand Parade, Le Cap (1924-1975) - Laboratoire d'Urbanisme Access content directly
Journal Articles Annales de géographie Year : 2019

« A recognised institution » ? Trois générations de commerçants indiens sur Grand Parade, Le Cap (1924-1975)

Abstract

Drawing on the theories of recognition (Honneth, 2000) and on the debate on “quiet encroachment” by A Bayat (1997), this article analyses how 16 Indian families specialising in the sale of produce negotiated, over 3 generations, their right to work on Grand Parade, a public square highly symbolic of Cape Town’s city-centre. Caught up in the tensions of public action that oscillated between the need to supply the city and the need to showcase and plan the city-centre since the 1910s, they resisted the tightening of racial zoning under apartheid and even achieved the status of small local institution. Their short history raises the issueof the citizenship of (relatively well-off) working classes and small entrepreneurs in the segregationist apartheid and colonial urban societies of Cape Town. The municipal archives make it possible to record the daily exchanges between these traders and municipal officials. In this administrative space of interface that records ordinary encounters with the State, we can observe forms of quiet encroachment (Bayat, 1997), oriented towards the daily and concrete reproduction of their economic activity, as well as forms of political mobilization representing a quest for forms of political and social recognition (Honneth, 2000). By engaging in such a dialogue between Asaf Bayat’s socio-geographic analysis and Axel Honneth’s political and moral philosophy, and using a very limited case study, it is possible to analyse how the political demand for recognition is concretely anchored in a set of practical daily interactions with the local Cape Town bureaucracy.
S’inspirant des théories de la reconnaissance (Honneth, 2000) et du débat sur « l’empiétement tranquille » (Bayat, 1997), cet article analyse la manière dont 16 familles de commerçants indiens ont négocié, pendant trois générations, leur droit à travailler sur Grand Parade, une place publique emblématique de la centralité urbaine au Cap. Pris dans les tensions d’une action publique oscillant dès les années 1910 entre besoin d’approvisionner la ville et souci de planifier le centreville, ils ont résisté au resserrement de l’étau du zonage racial, sous l’apartheid, jusqu’à se constituer en petite institution locale. Leur histoire engage la question de la citoyenneté des petites classesmoyennes laborieuses et des petits entrepreneurs dans la société urbaine coloniale ségrégationniste, puis d’apartheid, au Cap. Les archives municipales permettent de retracer les échanges quotidiens entre ces commerçants et les fonctionnaires municipaux. Sur cet espace administratif d’interface et de rencontres ordinaires avec l’État, on peut observer des formes d’empiétement tranquille orientées vers la reproduction quotidienne et concrète de l’activité économique, ainsi que des formes de mobilisations politiques portant une quête de reconnaissance politique et sociale. Faire dialoguer l’analyse sociogéographique d’Asaf Bayat et la philosophie politique et morale d’Axel Honneth à travers cette étude de cas très circonscrite permet d’analyser la manière dont la demande politique de reconnaissance s’ancre concrètement dans un ensemble d’interactions pratiques et quotidiennes avec la bureaucratie locale du Cap.
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halshs-02427554 , version 1 (28-11-2023)

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Marianne Morange, Sophie Didier. « A recognised institution » ? Trois générations de commerçants indiens sur Grand Parade, Le Cap (1924-1975). Annales de géographie, 2019, 5-6 (729-730), pp.62-89. ⟨10.3917/ag.729.0062⟩. ⟨halshs-02427554⟩
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